mercredi 21 mars 2012

Dialogues de bêtes au Grand Palais

L'exposition Beauté animale qui commence au Grand Palais s'adresse aux enfants mais pas seulement. Ce sont des peintures et des sculptures d'animaux domestiques et sauvages, avec de belles signatures. De Bruegel de Velours à Picasso, en passant par les chats de Goya, de Giacometti, de Bonnard et de Steinlen, le grand paon du célèbre animalier Barye, des insectes, des fauves, des hippos, et le très parodique caniche de Jeff Koons.
Avec Vivien, 7 ans, nous avons expérimenté le visioguide, muni d'un écran tactile interactif, qui permet de répondre aux devinettes :
- Lequel de ces insectes vit le moins longtemps ? Réponse : le papillon. Gagné !
Vivien s'est amusé à essayer tous les boutons, les enfants d'aujourd'hui n'ont pas peur du numérique. Il a aussi caressé le jaguar et la panthère de la "Galerie tactile" du deuxième étage, qui, pour la première fois, permet de toucher les sculptures en réduction. En clôture de l'expo, comme un adieu, le grand ours blanc du Museum d'histoire naturelle.
Jusqu'au 16 juillet. Pas de réduction senior mais gratuit pour les moins de 13 ans. Le visioguide enfant 5 euros.

mardi 20 mars 2012

Le paradis des bêtes, au cinéma

En situation de violence extrême, plus personne ne maîtrise son comportement, qui échappe aux normes. Dominique, un violent dangereux, bat sa femme Cathy presque jusqu'à la mort. Elle tente de le quitter. Les enfants deviennent un enjeu et une proie. Même la petite Clarisse, 9 ans, met le feu aux poudres.
La réalisatrice et actrice Estelle Larrivaz, qui signe son premier long métrage, mène son propos avec une logique implacable et décrit cruellement le drame absolu. De beaux paysages de Savoie viennent calmer la tension, mais le suspens dure jusqu'à une fin improbable et rédemptrice.
Avec Géraldine Pailhas, Stefano Cassetti, Muriel Robin, tous remarquables. 1 h 43, en salles actuellement.

lundi 19 mars 2012

Mars au balcon

Il est sauvé ! Sur les tiges de mon jasmin, que je croyais mort depuis février, de minuscules pousses apparaissent tout au long de la rembarde. Bientôt, je l'espère, pousseront au creux du feuillage aristocratique, les fleurettes blanches et parfumées que j'attends depuis l'année dernière. Mon chèvrefeuille a lui aussi pris son essor. Déjà se présentent les boutons floraux sur chaque hampe. Dans un mois, ou moins encore, je lancerai mes premières invitations pour des pique-niques amicaux en tête à tête sur la table en marbre.
La ciboulette a rejailli, plus drue que jamais mais il faut que je renouvelle mes plantes aromatiques. Le souvenir encore cuisant de mes semis désastreux m'incline à la prudence et cette année je ne planterai que des pieds déjà sortis de terre. Et pour compléter mes poteries, un rosier, ou même deux !

dimanche 18 mars 2012

Une soirée comique

Je riais toute seule hier soir en découvrant sur la chaîne Mezzo l'oratorio de Haendel, Sémélé, composé à Londres en 1743. Sémélé est une amante de Jupiter, en butte à la jalousie de sa rivale Saturnia, la légitime. Le metteur en scène canadien, Robert Carsen, a multiplié les anachronismes comiques. On voit ainsi au premier acte les choristes en smokings et robes du soir déplier des pages de quotidiens où s'étalent en gros titres "By Jove !" et "Sémélé and Jupiter, its official !" Dans le tableau suivant, Saturnia, déguisée en reine d'Angleterre, tire de son sac un billet des "British Airways" pour s'envoler vers l'Olympe. Plus tard, la soeur de Sémélé, une bourgeoise d'Oxford Street, brandit une valise de Louis Vuitton après avoir traversé des contrées pleines de bêtes féroces. Léthé et Iris, deux habitantes d'Arcadie, braquent leurs puissantes lampes torches pour trouver Somnus au milieu de ses compagnons endormis, et Sémélé, au dernier acte, fait une scène de ménage à Jupiter qui reçoit des oreillers sur la tête, tandis que la salle rugit de plaisir.
Tout cela, heureusement, n'est pas au détriment de la musique. Cécilia Bartoli s'en donne à coeur joie et les choristes sont radieux et célestes comme Haendel sait faire.
Le spectacle a été enregistré à Zurich en 2007.

samedi 17 mars 2012

La Vallée-aux-Loups

Quand Chateaubriand l'a achetée, en 1807, ce n'était qu'une "maison de jardinier", plutôt huppée quand même, peut-être celle du Jardinier en chef de l'Arboretum voisin. Elle était isolée au milieu d'un parc de 10 hectares rempli de taillis de châtaigners. Il l'a dégagée et a planté de nombreuses essences exotiques. On voit encore les énormes troncs des cèdres, des cyprès chauves de Louisiane et des marronniers d'Inde.
Chateaubriand était alors riche du succès d'Atala et du Génie du Christianisme, mais obligé de s'exiler de Paris pour avoir offensé Napoléon. Il passera dix ans à la Vallée-aux-Loups, où l'on atteste la présence des loups jusqu'au 19ème siècle, et y écrira Les Martyrs et le début des Mémoires d'Outre-Tombe. Jusqu'à ce que, criblé de dettes, il vende la propriété aux enchères.
Aujourd'hui tout a été remanié, le salon est devenu la salle-à-manger, on ne sait plus trop où est la chambre de François-René, des ailes de briques ont été construites de chaque côté de l'honorable vieille demeure. Restent l'âme romantique de l'ancien propriétaire, son bonheur du jour, le bel escalier de bateau à double branches et le tapis de fleurettes qui enchante les sous-bois au printemps, sylvies, jonquilles et pervenches. Avec Pierre nous avons marché jusqu'à l'Arboretum qui date du 18ème siècle et renferme une collection de 500 Convolvulacées. Savez-vous ce que c'est ? Des liserons de toutes les couleurs...
A Chatenay Malabry (92) Hauts de Seine. 3 euros la visite guidée, la conférencière refuse les pourboires.

vendredi 16 mars 2012

L'appel du samedi 24 mars

L'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité s'est invitée à grand fracas dans la campagne présidentielle, avec des photos de Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Marine le Pen mourant sur un lit d'hôpital. Ces images provocantes ont réveillé le débat sur l'euthanasie qui s'enlise depuis plusieurs années, bien que 95 % des Français se soient déclarés favorables à une nouvelle loi sur le sujet. Hier soir, sur France 2, en fin d'émission, François Hollande a évoqué la possibilité de faire de ce thème un cheval de bataille de sa campagne, comme l'avait fait de l'abolition de la peine de mort le candidat François Mitterrand en 1981.
Grand branlebas de combat au sein de l'ADMD pour le rassemblement prévu le samedi 24 mars prochain. Nous serons tous au Cirque d'Hiver à 14 heures pour manifester notre volonté de mourir dans la dignité.
Mais pas avant l'âge de cent ans, bien entendu !

jeudi 15 mars 2012

Les oeufs à la tripe

Non, je ne connais pas l'origine de ce nom bizarre. C'est une recette lyonnaise bien oubliée mais parfaite à redécouvrir en temps de crise. Pour 4 personnes : une livre d'oignons, 8 oeufs, 2 cubes de bouillon de volaille, 2 cuil à soupe rases de farine, muscade, poivre et sel.
Pelez les oignons et émincez-les. Cuisez-les à couvert dans 1/2 litre de bouillon pendant un quart d'heure. Muscadez abondamment, toute la recette est là. Ajoutez la farine. Pendant ce temps faites durcir les oeufs à l'eau bouillante et écalez-les après les avoir brisés à l'eau froide. Coupez délicatement les oeufs en tranches, ajoutez-les doucement au bouillon et laissez mijoter encore cinq minutes. Salez, poivrez, dégustez. C'est délicieux et nourrissant. Avec une salade, vous avez votre repas.